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    apcouadhias

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polemique entre le RCD et Mohamed Benchicou

Posté par apcouadhias le 20 avril 2008

Le choix du RCD ———Par Mohamed Benchicou 

    benchikou.jpg
1. Avertissement : ceci n’est pas un pamphlet ni une polémique, mais une halte forcée sur nos égarements.

Je pensais que le magnifique torchon signé par le RCD et trônant toujours sur son site, se suffisait à lui-même pour nous désespérer sur nos archaïsmes et qu’il n’y avait nul besoin d’y ajouter notre indignation. Qu’y avait-il, en effet, de déchéance après la dernière déchéance, après ce bouleversant spectacle d’un RCD fouillant dans les poubelles de Zerhouni, les mains dans les caniveaux de nos Judas, ramassant à pleines poignées les immondices pour salir le directeur du Matin ?

 

J’avais découvert, en même temps que ces lecteurs qui me disent, pour les uns, avoir « déchiré leur carte du RCD » et pour les autres, avoir « tourné la page Saïd Sadi», j’avais découvert un parti capable de perdre son crédit en quelques lignes et cet ébranlement ne m’inspirait rien d’autre que le désappointement et le silence. Que dire, en effet, après cette forfaiture ? Rien, plus rien, même si le risque était grand que l’on prît notre réserve pour une abdication devant le mensonge et une consécration de la calomnie. 

Moi qui câlinais l’espoir que les humeurs de nos grands opposants ne sauraient prendre le pas sur leur prestige, je dus me résigner à l’idée qu’il était encore trop tôt pour nos leaders républicains d’être aussi exemplaire que la femme de César. Ce protestataire qu’on prenait pour le grand marquis de la contestation au nom de laquelle, l’air docte et le binocle sur le front, il faisait profession de revendiquer, était finalement plus qualifié pour le métier de condamner et de pourfendre. Et je me consolai à penser que la politique algérienne pouvait peut-être y trouver son compte et qu’après tout, comme nous manquons de cerbères dénigreurs à la hauteur de Zerhouni et des concierges du pouvoir, il y avait peut-être quelque bénéfice à le laisser jouer le rôle d’une contrebasse. Et puisqu’il y a chez tous les hommes de pouvoir une part évidente d’imposture, autant préférer celle-là chez les dirigeants du RCD. Entre-temps le choix de l’injure et de la diffamation, par le RCD, avait compromis ce qui aurait pu être un débat sur la conception républicaine des élections de 2009. Si ce parti avait opté pour jouer son rôle, il se serait justement inquiété qu’un journal comme le nôtre s’exposât en ce moment à la complexité d’une si obsédante question : comment ne pas renouveler nos erreurs de 2004 ? Un échange, qui reste d’ailleurs toujours inévitable, associant les lecteurs, aurait pu avoir lieu entre nous. Mais ce parti a préféré l’insulte infamante, ce vocabulaire de l’anathème qu’on croyait réservé aux canailles du régime embusqué à Paris avec le grade de capitaine. 

L’affaire semblait entendue. 

Eh bien non ! 

Eh bien non, car il y eut ensuite ces messages qui me suggéraient de m’abaisser, à mon tour, à user de l’insanité pour répondre à l’insanité, qui avaient l’outrecuidance d’inviter Le Matin-dz à s’associer à la curée d’un parti républicain. Je veux parler de ces croustillantes révélations présentées comme fort « compromettantes » pour le RCD et dont m’ont inondé, tout le long de la semaine, des lecteurs bien ou mal intentionnés, croyant me faire plaisir, me venir en aide ou, allez savoir, en découdre avec Saïd Sadi par mon entremise. 

On y trouve, pêle-mêle, des « preuves » de l’implication directe de ce parti dans l’assassinat de Matoub Lounès, des faits « désignant » le chef du RCD comme l’architecte du meurtre du jeune Allouache, des détails sur des pots-de-vin versés par de grosses entreprises de travaux publics aux responsables de ce parti, des « indiscrétions » sur l’apport de l’huile et de la margarine au bon fonctionnement de cette formation politique, des « tuyaux » sur le standing de Saïd Sadi à Paris et, plus sérieusement, des « informations » sur le pacte conclu avec Belkhadem en 2007… Certains, plus pratiques ou plus futés, me suggéraient même de poursuivre ce parti pour diffamation, me garantissant un « procès retentissant. » 

J’en fus encore plus affligé. La logique implacable de l’invective venait de se retourner lourdement contre le RCD : ces lecteurs lui rappelaient le péril qu’il y a, pour un parti suspecté de tant de forfaits, à user des mêmes procédés que ses détracteurs. 

Je n’étais pas dupe de cet acharnement massif contre un parti républicain, mais il me semblait plus pénible de protéger le RCD de ses tares que de ses ennemis. Comment, en effet, prémunir un parti contre son funeste hobby de se tirer des balles dans le pied ? 

Il ne suffisait pas que ce torchon fût l’œuvre de la bassesse, il fallait qu’il fût aussi celui de l’incohérence ! 

Car enfin, quand sa haine de zaïm contrarié conduit le chef du RCD jusqu’à exulter, et en termes nauséabonds, de m’avoir éliminé de la scène nationale, pourquoi le faire avec le langage du snipper : «Il fallait soulager le journalisme algérien de votre arrogance » ? Réalise-t-il qu’il se « révélait », ainsi, aux yeux de ses antagonistes et qu’il leur offrait l’opportunité d’appliquer ce langage de snipper à l’assassinat de Matoub Lounès ? Auquel cas…. 

On reconnaît, cela dit, à sa pédanterie pathétique, le Tartarin de Kabylie, qui se vante d’un succès que ni Bouteflika, ni Zerhouni, ni leurs juges ni leur prison, n’ont pu réaliser : « m’éliminer de la scène.» 

 J’aurais bien concédé l’amitié à Saïd Sadi de figurer sur son tableau de chasse, mais je préfère rencontrer les têtes amies dans des lieux moins sinistres. 

Notons enfin, au passage, cette colère calculée : le RCD « éradique » avec  d’autant plus d’intrépidité ce journaliste qu’il le pense désormais sans « intérêt » et sans « nuisance », n’ayant plus de journal à diriger. Encore une fois, Saïd Sadi étale ses dons pour  l’imprévoyance : il devrait être plus prudent ! 

Et puis, continuer à soutenir, indécrottable colporteur de ragots, que l’on m’aurait soutiré en prison une lettre de pardon à Bouteflika….De grâce, ne parlez pas comme ces bouches médisantes qui soutiennent que Saïd Sadi a été « retourné » par
la SM à Berrouaghia ! 

Se faire le relais du DRS est décidément un métier qui se pratique à son insu … 

Et quand j’entends ce parti incriminé de si embarrassantes prévarications, s’autoriser à me reprocher, à son tour, d’avoir étrangement échappé au destin de meurt-la-faim auquel m’avaient condamné les rapaces du régime…Mais un ventre de paille doit savoir évaluer le risque de la rétorsion ! Et quand il se hasarde à me voir en quelque crésus, grâce aux fonds du Matin, ne se voit-il pas passer de la posture de l’opposant à celle de l’abject dénonciateur aux impôts ? Il ne suffit donc pas de l’appareil fiscal du pouvoir pour nous ruiner et nous harceler, il faut qu’encore je rende compte au RCD de la façon dont je survis ! Je ferais bien un aveu au rédacteur de cette perfidie : cette fortune fabuleuse, je ne l’ai pas, mais j’avoue que j’aurais aimé l’avoir, ne serait-ce que pour le contrarier un peu plus. 

Et puis, il y a toujours une limite à vouloir insulter avec audace pour se donner à bon compte des airs d’esprit libre et pour compenser un peu ce temps où l’on philosophait avec le bourreau ! Quelle idée, en effet, de m’accuser de n’avoir «  aucun principe dans la vie », au point de « faire campagne pour Hamrouche (« La dine la mella ! ») Quand on a soi-même lâché les siens pour cohabiter avec Bouteflika ! Je n’ai jamais soulevé cet épisode peu flatteur et jamais attendu du RCD qu’il s’en explique, n’ignorant pas qu’il faut de la conscience pour recevoir de soi-même l’aveu de ses propres fautes. 

Mais je constate, une fois de plus, par cet ignoble article, que ce parti hait férocement tout ce qui, de près ou de loin, vient lui rappeler que, dans une occasion au moins, le courage et l’honneur n’ont pas été de son côté. 

Alors oui, rien n’est, évidemment, plus tentant que de lui retourner à la figure ses propres forfaits, ce parti qui nous accable, si maladroitement, de mensonges ramassés dans les poubelles de nos bourreaux, des mensonges pour me salir, comme au bon vieux temps de
la Sécurité Militaire, quand on inventait à Lounis Ait Menguelat, une vocation de trafiquant d’armes et à …… Saïd Sadi des larcins de petit délinquant ! 

Mais non, nous ne le ferons pas !

2. Je n’apporterai pas ma pierre au lynchage du RCD !

Ce n’est pas la mesquinerie du texte du RCD mais la sournoise exhortation qui m’est faite de lui répondre par la même mesquinerie, qui m’oblige à briser aujourd’hui le silence sur cette affaire et à répondre ici, moi-même, au nom de nos idéaux et de l’exigence de notre éthique professionnelle. 

Publier ces « révélations » ? Il s’est, en effet, trouvé des esprits suffisamment sots, autant en tout cas que ce rédacteur attrape-mouches, pour le croire et prétendre entraîner Le Matin-dz dans un faux combat contre un parti démocrate, qui reste de notre camp, fût-il atteint du syndrome de la grenouille. 

Du reste, ces pièces « accablantes » contre le RCD, nous en possédons les plus préjudiciables depuis une année. Je parle notamment de ce témoignage bouleversant d’un jeune algérien qui dit avoir été torturé, aux côtés de son père, dans les locaux du DRS à Blida. On voulait lui arracher une déclaration télévisée selon laquelle il aurait vu le GIA assassiner Matoub. Parmi ses tortionnaires, il cite nommément un membre de la direction du RCD ! Vrai ? Faux ? Nous n’avons jamais songé à divulguer, à l’aveuglette, de si lourdes accusations contre un parti dont on n’oublie pas qu’il fut à l’avant-garde du combat anti-intégriste. Quelle dignité nous resterait-il après avoir contribué à en être le fossoyeur ? 

Non, je ne serai pas celui qui porterait, sur la tempe du RCD, le flingue noir de ses innombrables adversaires. Et inutile de souligner que je serai encore moins l’hurluberlu qui traînerait Saïd Sadi devant les juges corrompus du régime. Au tribunal, je le préfère encore debout à soutenir Dilem face à nos oppresseurs. 

Je garderai pour moi toutes les confidences qu’on m’a confiées, celles des amis qui lui veulent du bien comme celles de Saïd Sadi, lâchées ces nuits incertaines. Un jour, peut-être, dans mes Mémoires, s’il se trouve des lecteurs pour s’y intéresser… 

Et j’essayerai, contre l’avis du RCD, d’être de ceux qui chercheront toujours à le protéger, y compris contre ses excès. J’essayerai, même si le pari semble aléatoire, s’agissant d’un parti recroquevillé sur son nombril, grisé par la tentation du pouvoir et de plus en plus étranger à la culture des débats. 

Mais je n’apporterai pas ma pierre au lynchage du RCD ! 

D’abord parce que ce site, Lematindz.net, n’a pas pour vocation de servir de vide-ordures et nous n’avons aucun penchant pour le destin de phacochère.Je me préfère muet avec mes documents à charge plutôt que bavard délateur avec les ragots des autres. C’était la spécialité de ce capitaine du DRS, ancien collaborateur du général Betchine pendant les tortures d’octobre 88 et dont l’opinion attend depuis 7 ans la première preuve de ces calomnies. Voilà qu’elle devient aussi celle du RCD. Le parallèle entre un parti républicain et un supplétif de tortionnaire est triste et terrible. Mais c’est le choix du RCD. 

Ensuite parce qu’avant d’être le parti du triste rédacteur de l’article, ce phacochère qui en a souillé la réputation en promenant son groin dans les égouts d’Alger, le RCD est avant tout le cri de Lambèze et de Berrouaghia, l’hirondelle d’un Printemps berbère, le parti de Tigziri et de Bacha, l’idéal de milliers d’Algériens, militants ou non, dont il est de notre devoir de respecter le rêve et d’écouter battre le coeur. 

Enfin parce qu’il y a le devoir du moment. Cette obligation de couvrir ces coquilles tremblantes dans le nid encore fragile de la construction démocratique …..Tout est si précaire, tout est si précieux, nos journaux indépendants, nos syndicats autonomes, nos partis…Non, je refuse, en dépit des turpitudes de ses dirigeants, de voir dans le RCD le fruit d’une connivence avec le DRS ! Il reste pour moi, plutôt le fruit d’un Printemps berbère qui fut notre premier soupirail sur la liberté, notre hublot providentiel sur une lumière rêvée. C’est le fruit du figuier, cet arbre nourri par les cadavres nus des morts aux visages troublants, décapités à coups de haches, écartelés par les chevaux ou crucifiés dans les casernes. 

C’est tout cela, pour moi, le RCD. Malgré tout. Malgré eux…

3. Les dégâts du zaïmisme.

 Alors, puisque le vin est tiré, buvons-le : d’où vient que les dirigeants du RCD, d’un parti né d’un rêve, aient si outrageusement glissé vers l’inqualifiable calomnie et le discrédit ? C’est tout le drame de cet écueil éternel à la culture du débat, ce squelette dans le placard de la construction démocratique : le zaïmisme. 

Il ne s’agit pas ici de faire le procès du RCD mais de contribuer à débarrasser le mouvement démocratique de ce qui, EN LUI, l’empêche d’avancer. Et la déification de nos leaders est, à mon avis, le procédé sournois par lequel notre expérience démocratique peut périr. 

La démocratie ne peut bénéficier des avantages du totalitarisme. L’idée même de démocratie ne retrouvera sa grandeur et son élan qu’à partir du moment où elle renoncera au zaïmisme dont elle avait fait sa loi durant un siècle, où elle réformera son matériel idéologique abâtardi par un demi-siècle de compromissions et où, pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté. Je ne fais que reprendre, ici, à quelques mots près, Camus. C’est dire que l’appel est ancien… 

Depuis un demi-siècle, le zaïmisme conduit au manichéisme et le manichéisme à la crucifixion par la prison, l’exil ou le ragot .Ce n’est pas à un psychiatre que j’apprendrai que la transposition entêtée d’une ambition ou d’un fantasme personnel dans l’activité politique entraîne le risque paranoïaque majeur, celui de faire naufrage dans le manichéisme antédiluvien du bon et du méchant : « tu n’es pas soumis à mon idée, c’est que tu m’es hostile ». Et que, sous l’emprise de cette métaphysique du bien et du mal, le zaïm devient porteur d’une idée biblique qui ne tolère que l’opinion approbatrice. C’est le bûcher qui attend toutes les autres, celles qui le contredisent. Un bûcher aux flammes variées : les zaïm au pouvoir préfèrent la prison, les zaim de l’opposition se rabattent sur la fetwa par l’opprobre. 

Le zaim juge de la morale des uns et la chasteté des autres en fonction de l’inféodation ou de l’indocilité à ses thèses. En vertu de quoi, il culpabilise, condamne, crucifie et décapite. Comme tous les dirigeants absolutistes, Said Sadi semble en être venu à sacraliser sa propre pensée. Elle n’est plus l’expression d’une position politique sujette au crible des opinions contradictoires, mais une parole sainte qui réduit toute objection à un acte sacrilège, une hérésie qui condamne son auteur à l’expiation, puis à l’opprobre et, enfin, au reniement et à la répudiation. De Mustapha Hammouche à Ferhat Mehenni, les proscrits sont légion. 

Saïd Sadi – mais est-il le seul ? – ne reconnaît à personne le droit d’échapper au moule de l’opinion approbatrice : journalistes, intellectuels ou hommes politiques, tous sont invités à une subordination inavouée, sous peine de quarantaine par l’abjection et la médisance. J’ai émis une opinion défavorable à la sienne, je considère que sa proposition de faire « surveiller » les élections de 2009 est une façon de les cautionner ? Alors il ne peut s’agir que d’un acte hostile, une « attaque » venant d’un impie, un blasphème qui obéit à une croisade que lui, RCD, capable de comprendre l’inexprimable, a tout de suite détectée ! L’impie que je suis devient, en conséquence, une créature actionnée par un clan du pouvoir et qui, naturellement, émarge au cahier de la rente. Dans ma proscription, m’ont accompagné Boubaker Hamidechi, du Soir d’Algérie, Merad d’El-Watan, Mustapha Hammouche de Liberté, tous déclarés renégats par l’archevêque de la vérité sainte ! Du temps du KGB, on ne parlait pas autrement ! 

Inutile de préciser que si nous avions applaudi aux théories de Saïd Sadi, nous aurions été promus chevaliers de la plume ! 

Et comme le châtiment n’est réservé qu’aux contradicteurs, le RCD m’accuse d’un délit dont il me sait innocent et dont il sait qu’il a été commis par d’autres : les privilèges de Khalifa. Il en parle avec un bonheur scélérat, celui d’évoquer l’épouse et la fille, manquant minablement à l’éthique du terroir. Ici aussi, le zaim pastiche le pouvoir qui brouille le jeu pour couvrir ses amis. Tout le monde sait qui a pris quoi des caisses de Khalifa, au centime près. La liste des salariés de complaisance, des titulaires de cartes bancaires et d’heureux attributaires de logements est chez les juges de Chéragas et de Nanterre et les procès sont pour bientôt, nous dit-on.  Alors quoi ? Le RCD aurait-il donc des amis à couvrir dans l’affaire Khalifa pour qu’il braille pitoyablement avec mes misérables détracteurs ?   

4. Mensonges grossiers, persiflage névrotique et incontrôlé, accents liturgiques du prêtre sermonneur, vanité à vouloir interpréter l’indicible.   

Réalise-t-il, enfin, ce rédacteur, le dommage infini qu’il inflige à son parti, à en donner l’image du colporteur de ragots à la solde du régime, à présenter le RCD comme complice des bourreaux, de Zerhouni et de sa police, lui qui ose faire sienne, seul contre tout le monde, la thèse des bons de caisse ? Lui qui ose persister, sur la foi du ragot et de l’intox, que mes persécuteurs m’ont fait plier en prison, au point de m’arracher une lettre de pardon à Bouteflika ?        

Réalise-t-il le tort qu’il porte à l’histoire du combat démocratique en taxant le PAGS, parti de Bachir Hadj Ali, de Hachemi Chérif et des martyrs, de « putanat de l’Avant-garde socialiste » ? 

Dans l’exercice de la pénitence contre les hérétiques, le parti de Saïd Sadi joue même au procureur-menteur à rebours du temps : il remonte 27 ans en arrière pour retrouver des traces de mon « anti-kabylisme », m’inventant des articles dans El-Moudjahid où j’aurais pourfendu le MCB ! Pourquoi recourt-il au mensonge grossier ? La seule vérité – que n’ignore pas Saïd Sadi – concernant cet épisode est que je me suis rebellé contre la façon indigne dont El-Moudjahid traitait le Printemps berbère, que je l’ai signifié dans une pétition des journalistes adressée au ministre de l’époque et que cela m’a valu d’être « démissionné » pour avoir refusé de retirer mon nom de la liste des signataires. Je n’ai remis les pieds à El-Moudjahid que deux années plus tard. Bien que tout cela soit déjà consigné dans l’histoire, les inquisiteurs propagandistes du RCD continuent à se fourvoyer dans l’inqualifiable besogne du falsificateur. 

Mon « anti-kabylisme » m’a coûté, vingt-cinq ans plus tard le bâton du pouvoir pour avoir accompagné le Printemps noir et rapporté la douleur de l’adolescent qu’on torturait à Tkout…Mais ne dites pas à Saïd Sadi que j’ai connu El-Harrach à la suite de ça, il veut croire que c’est pour les bons de caisse… 

Il reste, cela dit, de mon « anti-kabylisme » une inébranlable amitié avec les gens du Djurdjura dont j’ai pu mesurer la richesse l’automne dernier à Tizi, Akbou et Béjaïa, lors de la signature des « Geôles d’Alger » et dont  j’invite l’acariâtre rédacteur à venir calibrer ce qui en reste lors de ma prochaine tournée en Kabylie, dans quinze jours, à la sortie de mon nouveau livre, intitulé – et ce n’est pas un hasard ! – « Je pardonnerai ! »  

5. La position d’un parti ne lui appartient plus dès lors qu’elle est rendue publique.

Il est temps pour les dirigeants du RCD de sortir du manichéisme archaïque du bien et du mal pour enfin entrer dans l’ère du débat pluraliste. 

Jusqu’à quand l’idée même qu’on puisse discuter leurs thèses va les insupporter au point de la traiter comme une irrévérence parricide passible du purgatoire et du bannissement ? Jusqu’à quand réduiront-ils le journaliste en agent du clan d’en face ? Quand le RCD cessera-t-il donc de favoriser une opinion approbatrice aux dépens d’une société de débats ? 

Qui n’est pas sadiste, franchement ou honteusement, s’achemine et s’endurcit dans la connivence avec le pouvoir : voilà le principal présupposé de la méthode intellectuelle du RCD et qui fait le sujet de son texte. Mais pourquoi vouloir infliger aux Algériens cette dégradation définitive qui se trouve dans la servitude ? 

Il est temps pour lui de se résigner à cette idée-maîtresse en démocratie : la position d’un parti- ou le film d’un cinéaste, le livre d’un écrivain – ne lui appartient plus dès lors qu’elle est rendue publique. Elle devient patrimoine commun soumis aux opinions et aux consciences diverses. Toute formation politique alimente le débat politique par ses idées, fussent-elles les plus controversées et s’abreuve, en retour, de celles des femmes et des hommes qui offrent leur intelligence et leur perspicacité. Tout parti qui se ferme à cet échange, se condamne à périr dans la solitude. Quel charme trouve le RCD au sort de la salamandre séchée : condamnée à orner le mur du vestibule ? 

Il est temps pour le RCD de respecter le rôle du journaliste et de divorcer avec l’obsession de lui contester sa prérogative, celle de pouvoir réexaminer, de façon parfois contrariante, souvent exaspérante, mais toujours féconde, les choix politiques des uns et des autres. Jusqu’à quand Saïd Sadi verra-t-il dans les journalistes de son pays des politiciens déguisés ? Voilà une belle façon de donner crédit aux persiflages contre la presse algérienne : une presse de fonctionnaires ! 

Je concède qu’il n’est pas le seul à succomber à ce travers : de Jean-Pierre Lledo à Khalida Toumi, ils sont légion ceux qui refusent à l’homme de presse le privilège de son métier. Ils sont légion à vouloir le découpler de sa profession afin de pouvoir le pourfendre sans paraître s’attaquer à la liberté de la presse.Chez Saïd Sadi, cependant, l’obsession s’exprime avec un emportement névrotique. Au point de m’interpeller clairement : « Vous voulez faire de la politique ? Sortez des labyrinthes, fondez un parti et battez-vous. » Et de m’informer d’exemples « édifiants dans le passé », comme celui « d’un certain René Lévesque » décrit par le RCD comme « un journaliste respectueux de sa profession, qui s’engagea au service de sa collectivité et fit une carrière marquée par la performance et la générosité. » 

Troublant, tout cela. Publier des articles ce serait donc « faire de la politique » et il n’est possible de se battre qu’en fondant un parti ! Un journaliste ne devient « au service de sa collectivité » et n’accèderait à « la générosité », qu’une fois entré en politique ! Allez convaincre le RCD que nous n’avons aucune envie de « faire de la politique », que nous nourrissons l’illusion d’accéder à la « générosité » sans passer par un congrès constitutif, que je ne rêve pas de fonder un parti, mais juste pouvoir rouvrir mon journal. Allez apprendre à Sadi que, depuis toujours, de René Lévesque à Françoise Giroud, les journalistes ont toujours fait d’éphémères politiciens et qu’ils sont systématiquement revenus à leur premier amour : le journalisme. 

Voilà qui prouve bien que dans ce maudit métier, il subsiste un sortilège qui console de n’avoir jamais fait de politique ou, dans le cas de Lévesque mort sur sa table de journaliste, d’en avoir fait !  

Tout cela pour dire que je ne demanderai jamais l’autorisation au RCD de commenter ses initiatives politiques ni à un cinéaste de critiquer son film : je garde le droit de dire ce que je sais de mon époque, non pour ajouter à l’insupportable désarroi algérien, mais, comme dit le philosophe, pour désigner dans les murs contre lesquels nous tâtonnons, des places encore invisibles où des portes peuvent s’ouvrir… 

Au RCD d’admettre qu’il ne peut s’occuper de l’avenir de millions d’Algériens sans qu’au moins quelques uns parmi eux ne donnent leur avis ! Bien sûr, le journaliste n’a pas le monopole de la représentation de la scène nationale, pas plus qu’il n’a un pouvoir de sentence. L’homme politique en est autant légataire et on peut fort bien concevoir, pour le bien de la construction démocratique, une collaboration où chacun garderait son talent et son métier. 

Personne ne souhaite au RCD le destin de la salamandre et nous avons trop besoin de toutes les forces démocrates pour le laisser, y compris contre ses propres mauvais génies, connaître celui du phacochère : errer dans un zoo, comme toutes les espèces chargées de divertir les enfants.  

M.B. 

 

 

3 Réponses à “polemique entre le RCD et Mohamed Benchicou”

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